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Tours, 16-18 janvier 2019 
 

Thématiques > Thématique 1 : Le paysage, ressource de la mise en tourisme : acteurs, modalités et effets induits sur les activités agricoles et les territoires ruraux.

Le colloque s’intéressera d’abord aux différentes logiques de ces processus de mise en tourisme, anciens ou très récents, qui coexistent parfois au sein d’un même territoire ou s’y succèdent dans la durée : logiques plutôt « top-down », commandées tantôt par la demande des touristes et les grands opérateurs qui oeuvrent à sa satisfaction, tantôt par les États eux-mêmes qui font du tourisme le vecteur de politiques publiques aux objectifs souvent mêlés (développement régional, réduction de la pauvreté, mais aussi intégration et contrôle des populations rurales) ; logiques davantage « bottom-up » lorsque ce sont les acteurs locaux, qui, individuellement ou collectivement, tentent de développer ce secteur d’activité. On portera une attention particulière à la manière dont les populations jouent un rôle moteur dans ces processus, leur sont associées ou s’en trouvent au contraire écartées.

Au-delà de l’analyse des systèmes d’acteurs à l’oeuvre et des formes prises par le développement touristique, les questions du poids réel de ces filières touristiques locales et de leur effectivité en matière de développement des territoires devront être posées et, avec elles, celle du rôle du tourisme dans la différenciation des espaces, à différentes échelles. Ici pensé comme un vecteur d’intégration à une communauté nationale réelle ou perçue comme telle, ou à l’économie mondialisée, le tourisme opère-t-il ailleurs comme un facteur de marginalisation (Déry, 2007) ?
Quels que soient les mécanismes qui ont construit cet imaginaire, le tourisme repose avant tout sur l’imaginaire des touristes (Decroly, 2015), qui varie selon les sociétés et selon les groupes sociaux : on s’intéressera ici à la place qu’y prennent les paysages en tant qu’attracteurs touristiques. Il s’agira en particulier de déterminer quel statut est réservé aux paysages ruraux dans la demande et l’offre touristiques. Au-delà, comment l’évolution contemporaine des clientèles joue-t-elle sur la mise en tourisme de ces espaces, de la segmentation des clientèles traditionnelles à la montée en puissance des clientèles asiatiques (Chine) et du tourisme domestique (Sacareau et al., 2015) ?


Que les touristes viennent pour les paysages ruraux ou accordent au contraire peu d’intérêt à la trame rurale des territoires traversés, leur présence plus ou moins forte et plus ou moins permanente crée pour les populations rurales des effets d’opportunité (activités, emplois, revenus…), et engendre aussi des contraintes, notamment par l’intermédiaire des réglementations et des restrictions d’usages qui découlent des processus de patrimonialisation (Dérioz, 2011) : un bel exemple où le « pouvoir d’exclusion » constitue une arme à deux tranchants (« double edge ») (Hall et al., 2011). Les fonctions des territoires concernés peuvent alors s’en trouver transformées, éventuellement au détriment des agricultures locales : pression foncière des autres usages, opportunités accélérant la déprise ou la réorientation des systèmes de production (Bachimon, 2013). Il est ainsi attendu des contributions qu’elles interrogent les multiples mutations territoriales susceptibles de découler du développement touristique, et notamment celles qui impriment leur marque dans les paysages. Peut-on parler dans certains cas de « mise en scène » paysagère, ou de paysages construits par la fonction touristique ? Les conséquences paysagères de certains phénomènes, comme la déprise ou la modernisation agricole, l’urbanisation, etc., sont-elles à l’inverse susceptibles d’altérer la ressource paysagère sur laquelle repose le tourisme et de compromettre son développement ?

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